La recherche d’un effet récompense par l’effort physique constituerait un aspect important de l’anorexie mentale, viennent de découvrir les chercheurs de l’Inserm. Une découverte publiée dans l’International Journal of Eating Disorders, et qui pourrait modifier la prise en charge des patientes.

L’anorexie mentale est un trouble du comportement alimentaire qui affecte majoritairement les jeunes filles entre 15 et 25 ans. La prévalence de l’anorexie au cours de la vie serait d’un peu plus de 1 % chez les femmes Chez les patientes souffrant d’anorexie mentale, la perte de poids par carence alimentaire s’accompagne de fatigue et de diminution des capacités physiques. Pourtant, elles continuent souvent à pratiquer intensément une activité sportive qui participe à l’amaigrissement. En se penchant sur cet autre versant de la perte de poids qu’est l’activité physique, les chercheurs de l’Inserm ont découvert que cela génère des émotions positives chez les patientes mais aussi de manière plus étonnante, chez leurs proches non malades.

L’effort physique n’est pas une manifestation de l’anorexie

S’intéresser à la notion d’activité physique est une approche atypique car “l’effort physique n’est pas considéré comme une manifestation clinique de l’anorexie, alors même que de nombreuses patientes font énormément de sport, notamment pour gérer leur faim et perdre des calories”, précise Philip Gorwood, ’Institut de Psychiatrie et Neurosciences de Paris.

Pour cette étude, 88 patientes souffrant d’anorexie mentale, 30 de leurs proches non malades et 89 personnes “contrôles sains” ont été recrutés. Tous ont été invités à pratiquer un exercice physique standardisé puis à répondre à des questionnaires portant notamment sur leurs émotions après l’effort et sur la perception de leur image corporelle. Les scientifiques montrent qu’à effort équivalent, les patientes anorexiques rapportent plus d’émotions positives que les contrôles.

L’effort physique devient addictif

“Le fait de faire du sport leur envoie un message de renforcement positif qui fait que les patientes poursuivent cette activité en dépit de leur fatigue ou de leur faiblesse. La dépense calorique associée à cette activité physique est un facteur déterminant qui conduit à poursuivre cet effort” soulignent les chercheurs. Des émotions positives que l’on ne retrouve pas chez les personnes contrôles mais qui existent également chez les proches des patientes.

Les chercheurs insistent donc sur l’importance d’axer une partie du traitement de l’anorexie sur l’effort physique. “L’idée est de travailler avec les patientes pour leur réapprendre à découvrir l’effort physique plaisir (donc modéré) et donc de désapprendre l’effort physique addictif, probablement associé à une finalité de perte de poids”.

Source :

  • Physical exercise-related endophenotypes in anorexia nervosa, International journal of eating disrders, mars 2021

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