C’est la nouvelle lubie des adolescents : communément utilisé en médecine (pour les anesthésies) et en pâtisserie (pour les siphons à chantilly), le gaz hilarant a été détourné pour ses effets psychoactifs et notamment pour l’euphorie temporaire qu’il provoque lorsqu’on l’inhale.

Problème : le protoxyde d’azote (c’est son nom scientifique) peut être responsable d’intoxications parfois graves avec des symptômes neurologiques et/ou neuromusculaires – tremblements persistants, douleurs musculaires, fourmillements des extrémités…

Faut-il pour autant cesser d’utiliser le gaz hilarant (protoxyde d’azote) ? Pas forcément : selon une récente étude publiée par la Washington University School of Medicine (aux États-Unis), le protoxyde d’azote pourrait s’avérer utile dans le cadre du traitement de la dépression.

Protoxyde d’azote (gaz hilarant) : il pourrait aider en cas dépression pharmacorésistante

Les chercheurs ont travaillé avec un groupe de 24 volontaires souffrant de dépression et résistants aux traitements usuels (médicaments antidépresseurs). Les participants ont été séparés en deux groupes : le premier groupe a reçu une dose (ou une demi-dose) de protoxyde d’azote par mois pendant 3 mois, tandis que le second groupe n’a eu droit qu’à un placebo composé d’air et d’oxygène, à la même fréquence.

Résultat ? Au bout de deux semaines d’expérience déjà, les scientifiques américains ont observé une amélioration des symptômes de la dépression chez les volontaires traités par protoxyde d’azote. À noter : les participants qui avaient reçu seulement une demi-dose de gaz hilarant avaient des effets secondaires (nausées, maux de tête, vertiges…) moins marqués que ceux ayant reçu une dose complète.

Pour les chercheurs, le protoxyde d’azote pourrait ainsi être envisagé pour les dépressions pharmacorésistantes, bien que le mécanisme d’action du gaz n’ait pas été identifié : “il se passe quelque chose dans le cerveau, c’est comme si on appuyait sur un bouton. Mais personne ne sait comment ça fonctionne”.

Ces travaux ont été publiés dans la revue spécialisée Science Translational Medicine.

À lire aussi :

Gaz hilarant : décès d’un jeune homme dans les Vosges
Angleterre : un jeune homme meurt du gaz hilarant
France : bientôt du gaz hilarant pour faciliter les accouchements ?

The post Soignera-t-on bientôt la dépression avec du gaz hilarant ? first appeared on ProcuRSS.eu.