La pollution atmosphérique, c’est un véritable fléau. D’après un rapport publié par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) en 2014, 92 % de la population mondiale respirerait un air ambiant trop pollué : la pollution atmosphérique est particulièrement inquiétante en Asie (Chine, Inde…), en Afrique (Congo, Cameroun, Égypte…) et en Amérique du Sud (Pérou, Honduras…).

Pollution atmosphérique : de quoi parle-t-on exactement ? La qualité de l’air qui nous entoure peut être altérée par des substances polluantes, celles-ci pouvant être d’origine naturelle ou anthropique (comprendre : qui résultent de l’activité humaine). Au rayon des polluants de l’air ambiant, on peut notamment citer :

Les oxydes d’azote. Le monoxyde d’azote (NO) et le dioxyde d’azote (NO2) sont principalement émis par l’Homme – ce sont des “déchets” produits au quotidien par le chauffage, par la production d’électricité, par les moteurs des voitures, par certaines usines, par l’utilisation de certains engrais agricoles…

Le dioxyde de soufre (SO2). Parfois émis par la Nature (les volcans), ce polluant atmosphérique est surtout le résultat de la combustion des énergies fossiles (le fioul, le charbon, le gazole…). Certaines usines (raffineries…) peuvent également rejeter du SO2 dans l’air.

Les composés organiques volatils (COV). Le benzène, l’acétone et le perchloroéthylène constituent les principaux composés organiques volatils (COV). Ceux-ci sont principalement émis par l’activité humaine, notamment lors de l’utilisation de solvants à usage domestique (colles, peintures…). Le transport routier et l’industrie en produisent également.

Et aussi… Dans l’air ambiant, on peut aussi retrouver des métaux lourds (plomb, cadmium, mercure…), de l’ozone (O3), de l’ammoniac (NH3, à ne pas confondre avec l’ammoniaque !), des hydrocarbures polycycliques aromatiques (HAP)…

À savoir. Les particules polluantes qui sont en suspension dans l’air ambiant sont classées en fonction de leur taille : ainsi, les PM10 sont des particules dont le diamètre est inférieur à 10 micromètres (ou 10 microns, ou 10 µ). Les PM2,5 ont un diamètre inférieur à 2,5 µ : ce sont les fameuses “particules fines“.

Pollution de l’air : le confinement a eu un impact bénéfique. Selon une enquête réalisée par Santé Publique France et publiée mi-avril 2021, le confinement “strict” du printemps 2020 a eu un impact positif sur la qualité de l’air ambiant, avec une réduction significative du taux de dioxyde d’azote (NO2) et de PM10, en particulier dans les grandes villes. Cette baisse ponctuelle de la pollution atmosphérique aurait permis d’éviter environ 3500 décès…

La pollution atmosphérique, un véritable danger pour la santé

Les chiffres sont affolants. Selon Santé Publique France, entre 2016 et 2019, la pollution atmosphérique a provoqué chaque année 40 000 décès. En France, les polluants de l’air (et, en particulier, les particules fines) ont ainsi été responsables de 7 % de la mortalité totale annuelle, et ont réduit de 8 mois en moyenne l’espérance de vie des personnes qui y ont été exposées.

En Europe, c’est encore plus effrayant : selon un rapport de l’Agence européenne pour l’environnement (AEE) publié en octobre 2018, près de 500 000 Européens décéderaient à chaque année à cause de la sur-exposition aux polluants de l’air.

“Le lien causal entre l’exposition à la pollution atmosphérique et la mortalité est désormais bien établi, expliquent les experts de Santé Publique France. Les polluants de l’air ont une action pro-inflammatoire au niveau cellulaire : ils sont responsables d’un stress oxydatif qui favorise l’inflammation de l’organisme, ce qui se traduit par un impact concret au niveau des cellules, surtout sur les systèmes cardiovasculaire et respiratoire.“

À savoir. Comme le précise le Ministère de la transition écologique, “c’est l’exposition chronique à la pollution de l’air qui conduit aux effets et donc aux impacts les plus importants sur la santé“.

Pollution de l’air : elle s’attaque surtout au système respiratoire

Parce que les polluants de l’air pénètrent dans l’organisme principalement via le nez et la bouche, ce sont surtout les organes qui composent l’arbre respiratoire qui paient le prix fort : “on constate une aggravation de la maladie (symptômes et progression) chez les personnes qui souffrent de bronchopneumopathie obstructive (BPCO)” notent les spécialistes de Santé Publique France. En 2010, selon l’Inserm, 3,5 millions de Français étaient atteints par cette maladie chronique inflammatoire des bronches.

La pollution atmosphérique constitue également un “facteur déclenchant et aggravant de l’asthme” selon l’Assurance Maladie. Les études scientifiques sont unanimes : “l’exposition chronique [aux polluants de l’air] (…), liée à la proximité d’une route à haut trafic, favorise une incidence plus élevée de l’asthme chez l’enfant et probablement aussi chez l’adulte“.

Et aussi… “L’exposition chronique à la pollution atmosphérique est responsable d’un mauvais développement des poumons chez les enfants : ceux-ci ne parviennent pas à atteindre leurs capacités respiratoires maximales” ajoutent les experts de Santé Publique France.

Pollution de l’air : elle augmente (aussi) le risque de cancer…

À savoir. En octobre 2013, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a classé la pollution de l’air extérieur comme “cancérogène certain pour l’Homme“.

Pollution atmosphérique et cancer du poumon. Selon une étude menée conjointement par l’Inserm, l’Université de Rennes 1 et l’École des hautes études en santé publique (EHESP), publiée en mars 2021, l’exposition chronique au carbone-suie (un polluant de l’air émis par les moteurs au diesel, les centrales électriques, la combustion de déchets agricoles…) serait associée à un sur-risque de cancer du poumon d’environ 30 %.

En outre, selon plusieurs études scientifiques récentes, l’exposition chronique à la pollution atmosphérique augmenterait aussi le risque de cancer du sein (les particules fines auraient tendance à accroître la densité du tissu mammaire, ce qui constitue un facteur de risque du cancer du sein, selon une étude de l’Université de Floride publiée en 2017), de cancer de la bouche (selon une vaste étude réalisée à Taïwan en 2018) ou encore de cancer de l’endomètre (ici, c’est spécifiquement l’exposition au cadmium qui est pointée du doigt par une étude américaine de 2017).

Et aussi… “La pollution de l’air augmente également le risque cardiovasculaire avec, en particulier, un risque d’infarctus du myocarde (crise cardiaque) accru en cas d’exposition répétée et prolongée, notent les spécialistes de Santé Publique France. Sans oublier l’impact neurologique et sur la périnatalité (avec une hausse des naissances prématurées et des retards de croissance).”

Comment se protéger contre la pollution atmosphérique ? 

Réduire la pollution de l’air : les bons réflexes. Pour réduire la pollution de l’air ambiant, plusieurs bons réflexes peuvent être adoptés :

Aérer régulièrement son logement – même en hiver ! En effet : la pollution de l’air, ce n’est pas uniquement à l’extérieur. La pollution de l’air intérieur (aux COV, en particulier) est aussi nocive pour la santé : il est donc nécessaire d’ouvrir grand les fenêtres au moins 10 minutes par jour.
Privilégier les modes de transport “verts”. Pour les courtes distances, on laisse la voiture au garage et on privilégie la marche ou le vélo – en plus, c’est excellent pour la santé. Pour les longues distances, on opte pour les transports en commun, définitivement moins polluants : le bus, le métro, le train, le covoiturage…
Chauffer raisonnablement son logement. Parce que le chauffage domestique constitue une source de pollution atmosphérique, on évite de chauffer à outrance lorsque ce n’est pas nécessaire (on enfile plutôt un pull) et on envisage des travaux d’isolation à la maison si besoin.

En cas de pic de pollution (concentration en PM10 supérieure à 80 µg / m3 ou microgrammes par mètre cube d’air), les autorités sanitaires ont émis des recommandations pour les personnes vulnérables (personnes âgées, femmes enceintes, jeunes enfants, asthmatiques, malades chroniques…) :

Éviter les activités physiques et sportives intenses, non seulement en plein air, mais aussi à l’intérieur,
Éviter de sortir en début de matinée et en fin de journée et aux abords des grands axes routiers,
En cas de gêne respiratoire ou cardiaque inhabituelle, consulter sans attendre un médecin ou un pharmacien.

À savoir.  Depuis les années 1970, les Associations Agréées de Surveillance de la Qualité de l’Air (AASQA) surveillent la qualité de l’air en France. Des cartes (mises à jour quotidiennement) permettent de s’informer à l’échelle régionale.  

Sources :

Ministère de la transition écologique
Communiqué de presse Santé Publique France
Risques (Gouvernement)
Inserm
Assurance Maladie
Revue Médicale Suisse (2012)
Institut National du Cancer

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