L’orientation sexuelle continue d’être taboue dans l’univers médical en France : 49% des lesbiennes et 40% des homosexuels masculins n’en ont jamais parlé à leur médecin. Selon une étude de 2017, les épisodes dépressifs caractérisés (EDC) étaient deux fois plus nombreux au cours des 12 derniers mois chez les lesbiennes, les gays et les bisexuel(le/s) que chez les hétérosexuel(le/s), les tentatives de suicide, trois fois plus nombreuses.

En 2014, un sondage révélait que 56% des personnes transgenre avaient fait une dépression suite à un acte transphobe, et 18% une tentative de suicide. Ces chiffres expliquent le lancement d’une campagne de lutte contre la LGBTphobie, à l’occasion de la Journée internationale contre l’homophobie, la transphobie et la biphobie, ce 17 mai.

Durant trois semaines, une campagne intitulée “Face à l’intolérance, à nous de faire la différence” va être déployée sur tous les supports médiatiques, dans le but de montrer la diversité des sexualités et des identités de genres, de valoriser leur acceptation auprès de publics diversifiés.

Sensibiliser aux conséquences de la discrimination sur la santé physique et morale

Cette campagne est nécessaire pour rappeler que la LGBTphobie a un impact sur la santé physique et psychique des victimes. En cela, ces discriminations constituent un véritable enjeu de santé publique, a souligné Santé Publique France dans un communiqué, avant de rappeler : “En 2019, 35 % des personnes LGBT ont fait l’expérience d’au moins une forme de discriminations au cours de leur vie en raison de leur orientation sexuelle ou identité de genre. Ces discriminations et violences affectent la santé des personnes qui les subissent de manière globale.”

Alors qu’Elisabeth Moreno, ministre déléguée à l’Egalité entre les femmes et les hommes, a déploré une invisibilisation des violences contre la communauté LGBT+, la directrice générale de l’institution a rappelé les nombreuses conséquences de ces discriminations. Parmi lesquelles : “des consommations de substances psychoactives, une santé sexuelle dégradée, des difficultés de dialogue avec les professionnels de santé et le renoncements aux soins.”

Sources :

Ampleur et impact sur la santé des discriminations et violences vécues par les personnes lesbiennes, gays, bisexuel·le·s et trans (LGBT) en France (santepubliquefrance.fr)
Campagne “Face à l’intolérance, à nous de faire la différence”, Santé Publique France, 17 mai 2021.

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