Les hémorroïdes concernent aussi bien les hommes que les femmes. Selon l’Assurance maladie, cette maladie frappe plutôt les tranches d’âge comprises entre 40 et 65 ans. Si elles provoquent douleurs et inquiétudes, elles sont le plus souvent sans gravité.

Comment être sûr qu’il s’agit d’hémorroïdes ?

On ne peut jamais en être sûr. Dans le cas de douleurs au niveau de l’anus, d’apparition d’une boule ou de saignements, il s’agit assez probablement d’hémorroïdes. Mais il est difficile de s’examiner soit même, et d’ailleurs en se basant sur les symptômes on se trompe dans 30% des cas. Parfois, il s’agit en fait d’une fissure anale, d’un abcès ou d’une maladie inflammatoire.

Si les personnes jeunes courent peu de risque d’erreur, à partir de 50 ans environ, la prudence reste de mise. En effet le problème est de passer à côté d’un cancer. Il faut donc se méfier. En particulier si les manifestations sont récentes ou inhabituelles. Avoir eu des crises identiques au préalable peut effectivement être un indice rassurant, mais cela ne veut pas dire que l’hypothèse d’un cancer est exclue. “Certains patients arrivent en disant qu’ils n’ont pas de cancer car il n’y en a pas dans leur famille. Or ce n’est pas parce qu’il n’y a pas d’antécédents familiaux que la probabilité est à écarter» explique le Dr Godeberge, gastro-entérologue à Paris. Il faut être très prudent sur les auto-diagnostics, et consulter en cas de doute.

Quelle est la différence entre hémorroïdes internes et externes ?

Les hémorroïdes internes se situent à l’intérieur du canal anal et sont recouverts de muqueuse. Elles sont indolores mais peuvent occasionner des saignements, surtout quand elles sont plus volumineuses et qu’elles ressortent au moment d’aller aux toilettes. Les externes se situent au bord de l’orifice anal. Normalement on ne sent pas et on ne voit pas les hémorroïdes car ce sont des structures normales. C’est l’ensemble des troubles qui peuvent se déclencher à ce niveau qu’on appelle maladie hémorroïdaire. Certains sont réguliers, chroniques, d’autres sont intermittents. Dans ce cas, on parle de crise hémorroïdaire. Au quotidien par abus de langage le terme d’hémorroïdes et de maladie hémorroïdaire sont utilisés indifféremment

Quelles sont les causes des hémorroïdes ?

Tout ce qui sollicite la région ! D’abord, la constipation. Elle peut provoquer ou aggraver la maladie, à force de pousser en allant à la selle. La diarrhée surtout chronique peut avoir les mêmes conséquences. La grossesse et l’accouchement déclenchent régulièrement des épisodes hémorroïdaires. Tout comme certaines activités physiques mal adaptées, avec un travail excessif des abdominaux Enfin à noter que passer des heures aux toilettes en jouant sur son portable peut également favoriser l’apparition d’hémorroïdes.

Comment les soulager rapidement ?

Tout dépend des symptômes mais en cas de douleurs, on peut soulager des hémorroïdes grâce aux antalgiques comme le paracetamol. Si on est certain du diagnostic, des anti inflammatoires non stéroïdiens peuvent être administrés sur une courte durée.

Les crèmes ou les pommades n’ont jamais démontré une réelle efficacité. On peut traiter le problème en amont en luttant contre la constipation avec des laxatifs ou de l’huile de paraffine. Mais en dosant soigneusement les prises pour ne pas provoquer de diarrhées.

Les phlébotropes peuvent être intéressants pour les hémorroïdes internes. Ils agissent en augmentant la résistance de la paroi vasculaire.

En terme d’hygiène alimentaire, il faut boire suffisamment d’eau au quotidien et privilégier les aliments riches en fibres : fruits, légumes, céréales complètes notamment. Enfin attention aux nombreux remèdes de grand-mère plus ou moins fantaisistes qu’on trouve sur internet. Aucune preuve scientifique n’a jusqu’à présent démontré leur efficacité.

Dans quels cas une chirurgie est nécessaire ?

La chirurgie est rarement nécessaire, et jamais obligatoire. La bonne décision résulte du souhait du patient et de ce que dit la science. Si les symptômes sont répétés, invalidants et gênent trop le quotidien, le médecin peut conseiller une intervention chirurgicale. Dans le cas contraire, l’intervention chirurgicale ne s’impose pas. Les techniques chirurgicales ont considérablement évolué et se sont beaucoup simplifiées. Il faut éviter d’imaginer les opérations d’antan, lourdes et compliquées. Il faut toujours se poser la question de savoir si les crises hémorroïdaires sont trop insupportables à vivre ou pas. En fonction de ce critère la décision résultera d’une discussion entre médecin et patient.

Sources :

  • Interview du Dr Philippe Godeberge Gastro-entérologue – proctologue à Paris, auteur du livre “Qu’est-ce que t’as dans le ventre?”, aux éditions Hachette.
  • Assurance maladie

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