On le sait : si le coronavirus Covid-19 est bénin dans 80 % des cas, il existe des formes sévères de la maladie qui touchent en particulier les personnes souffrant de comorbidités – telles que l’hypertension artérielle, le diabète, l’asthmemais aussi l’obésité. Pour rappel, on parle d’obésité lorsque l’indice de masse corporelle (IMC) est supérieur à 30 ; s’il est supérieur à 25, c’est un surpoids. Les personnes en situation d’obésité morbide, quant à elles, ont un IMC supérieur à 40 : elles sont définies comme “à risque” par le Ministère de la Santé.

Une nouvelle étude britannique pointe du doigt le risque de forme grave du covid-19 lié à l’obésité en mettant en évidence la surreprésentation des personnes ayant un IMC supérieur à 23 dans les services de réanimation. Les résultats de leur étude, publiée dans The Lancet diabetes and endocrinology, et portant sur près de 7 millions de personnes hospitalisées, indiquent que le risque de faire une forme sévère augmente de façon linéaire à partir d’un IMC de 23. Et que le risque de mortalité augmente également à partir d’un IMC de 28.

En affinant les résultats, les chercheurs de l’Université d’Oxford ont également constaté que l’effet du surpoids et de l’obésité sur le risque de covid-19 sévère était plus important chez les personnes jeunes, de moins de 40 ans.

L’obésité considérée comme un risque depuis la première vague

Dès le mois d’avril 2020, le CHU de Lille tirait la sonnette d’alarme. Plus de 50% des patients hospitalisés en soins intensifs pour une forme grave du Covid-19 au CHU lillois présentaient un indice de masse corporelle supérieur à 30. “Une obésité (IMC> 30) et une obésité sévère (IMC> 35 kg) est respectivement présentes dans 47,6% et 28,2% des cas” soulignait l’étude. Les chercheurs constataient alors que 85% des patients ayant un indice de masse corporelle supérieur à 35 avaient dû être placés sous respirateur.

Pourquoi les personnes en surpoids (ou obèses) sont plus sensibles au coronavirus ?

Les scientifiques mettent en lumière deux mécanismes : les personnes en situation de surpoids ou d’obésité souffrent souvent de maladies associées – et, en particulier, de pathologies cardiovasculaires et diabète. Celles-ci constituent des comorbidités pour la maladie, et contribuent au développement de symptômes sévères du coronavirus.

Mais aussi, comme l’explique le Centre de l’Obésité et du Surpoids Grenoble-Sud, un surpoids (ou une obésité) s’accompagne généralement d’une mauvaise respiration – essoufflement à l’effort, diminution des capacités respiratoires, asthme, apnée du sommeil… ce qui favorise le développement d’une détresse respiratoire en cas d’infection par le coronavirus. On ajoutera que, selon certaines études, l’obésité rendrait plus sensible aux infections virales et bactériennes en atteignant directement le système immunitaire : une porte ouverte au Covid-19.

Sources :

Associations between body-mass index and COVID-19 severity in 6·9 million people in England: a prospective, community-based, cohort study, The lancet diabetes and endocrinology, avril 2021
High Prevalence of Obesity in Severe Acute Respiratory Syndrome Coronavirus-2 (SARS-CoV-2) Requiring Invasive Mechanical Ventilation, National library of medicine, juillet 2020
Ligue contre l’obésité

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