Le soleil est le principal facteur de risque des mélanomes et carcinomes de la peau. Au fil des ans, les ultraviolets agissent sur le noyau des cellules et les dégradent. Ils altèrent toutes les composantes de la structure de la peau. Et plus ces expositions sont précoces, plus les risques augmentent. Résultat : un vieillissement prématuré de la peau et un risque accru de cancer cutané.

Aux ultraviolets s’ajoutent des facteurs de prédisposition individuels comme le phototype (voir le diaporama), de nombreux grains de beauté (plus de 50), l’âge, le tabagisme, l’exposition aux goudrons (hydrocarbures), au virus HPV… et dans le cas du mélanome, des antécédents familiaux (5 à 10 % de mutations génétiques).

Quant au rôle du microbiote sur les cancers de la peau, il demeure flou pour le moment. Tout au plus existe-t-il “une hypothèse selon laquelle la composition du microbiote digestif pourrait influer sur la réponse aux immunothérapies, mais cela reste très théorique”,précise le Pr Nicolas Meyer, oncodermatologue.

Quoi de neuf dans le traitement des mélanomes ?

Dans 20 % des cas, c’est un grain de beauté déjà présent qui change d’aspect, de couleur, de taille, mais le plus souvent, c’est une toute nouvelle tache brune ou plutôt rosée chez les personnes à la peau très claire.

En augmentation constante, les mélanomes se soignent très bien par ablation chirurgicale s’ils sont dépistés et pris en charge tôt. En revanche, les formes avancées s’accompagnent souvent de métastases et sont plus difficiles à soigner.

On retire les ganglions et on propose un an de traitement par thérapie ciblée (combinaison de deux molécules) à raison de 2 prises par jour si le malade est porteur d’une mutation génétique (BRAF V600). Sinon, ce sera un traitement d’immunothérapie en perfusion toutes les 4 à 6 semaines (2 molécules au choix), afin de booster l’immunité du patient pour augmenter l’efficacité des lymphocytes T qui s’attaquent au mélanome. “Dans les deux cas, en ajoutant cette année de traitement après la chirurgie, on réduit de moitié le risque de récidive qui bascule schématiquement de 50 à 25 %” observe l’oncodermatologue.

Quoi de neuf dans le traitement des carcinomes ?

Parmi ces petits nodules ou plaques fermes et indolores, on distingue les carcinomes basocellulaires (70 %) en général localisés sur le visage, le cuir chevelu (en cas de calvitie), le cou et le dos, des carcinomes épidermoïdes (20 %) qui apparaissent sur les zones exposées, mais aussi sur les plaies chroniques, les cicatrices, etc.

Les carcinomes basocellulaires évoluent lentement, ne provoquent pas de métastases et se soignent très bien. Les seconds peuvent entraîner des métastases, mais avec un traitement adéquat, ils guérissent dans environ 90 % des cas. Quel que soit le type de carcinome, s’ils ne sont pas trop étendus ou mal localisés, ils peuvent être retirés sous anesthésie locale au cabinet du dermatologue, en prenant soin d’ajouter des marges de sécurité. Lorsque la chirurgie est impossible pour traiter un carcinome basocellulaire, les médecins disposent d’alternatives en fonction des caractéristiques de la tumeur : des crèmes à appliquer localement pendant 4 à 6 semaines pour les carcinomes superficiels, une radiothérapie pendant 4 à 5 semaines si la lésion est plus étendue et profonde, une cryochirurgie (azote liquide) ou de la photothérapie dynamique sous anesthésie locale en cas de carcinomes multiples.

En dernier recours, dans les formes de carcinomes basocellulaires très avancées, si le malade ne peut bénéficier ni d’une intervention chirurgicale ni d’une radiothérapie, un médicament (vismodegib, sonidegib) permet de faire disparaître le cancer en 6 à 12 mois en moyenne.

En cas de carcinome épidermoïde, si la tumeur s’accompagne déjà de métastases impossibles à opérer, le médecin y associera une chimiothérapie ou une radiothérapie et quelquefois un curage ganglionnaire. Dans plus de deux tiers des cas, ce traitement est efficace. En cas de récidives avec métastases, on privilégie désormais une injection d’immunothérapie (Cemiplimab) toutes les trois semaines aussi longtemps que possible. “Cette molécule pourrait même avoir un effet après l’arrêt du traitement pendant plusieurs mois, voire plusieurs années” souligne le Pr Meyer. “Comme si le système immunitaire s’était réveillé et adapté pour continuer à traquer les cellules cancéreuses dans le temps. On obtient un taux de survie supérieur à 50 % à 2 ans.”

Notre expert :  Pr Nicolas Meyer, onco-dermatologue à l’IUCT oncopôle, à Toulouse

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