Une onde de chaleur qui s’installe au niveau du cuir chevelu, peut descendre dans les épaules et la colonne vertébrale, déclenche parfois de légers picotements du crâne ou des frissons sur la peau, une torpeur… Voilà ce qu’est l’ASMR : des sensations physiques, qui engendrent un état de relaxation avancée et s’obtiennent en regardant des vidéos dédiées sur YouTube.

Récentes, ces séquences (30 minutes généralement), réalisées par divers auteurs à l’aide de micros sensibles, induisent ainsi l’état d’ASMR (Autonomous Sensory Meridian Response, traduit littéralement par “réponse autonome des méridiens sensoriels”) en proposant des “déclencheurs” (ou triggers) sonores (chuchotements, tapotements, crépitements, bruits de pages qui se tournent… ) et souvent visuels. Une expérience étonnante et qui fait fureur !

4 raisons de tenter la relaxation 2.0

Se sécuriser : Voix douce, bienveillance, sourires, chuchotements qui procurent une sensation d’intimité et de sérénité : tout est mis en œuvre pour se sentir accueillie, rassurée, et en sécurité… Au fil des minutes, l’impression de se faire chouchouter (avec par exemple des bruits de massage ou shampoing) permet de se laisser aller vers la relaxation sans crainte ni appréhension, pour une parenthèse de quiétude.

Se détendre et mieux dormir : Comme dans tout état de relaxation avancée, le cœur ralentit : une étude anglaise de 2018 a montré les effets bénéfiques de l’ASMR sur le rythme cardiaque. L’esprit se calme, et profite de l’instant présent sans pensées parasites. Une étude menée à l’université de Swansea (Pays de Galles) en 2015 révèle que 90 % des adeptes regardent des vidéos d’ASMR pour se relaxer, 70 % pour diminuer leur stress et 82 % pour s’endormir : les stimuli étant essentiellement sonores, il leur suffit de fermer les yeux et se laisser bercer pour plonger doucement dans le sommeil.

Doper ses hormones du bonheur : L’activation de certaines zones cérébrales par l’ASMR peut libérer plusieurs hormones : la sérotonine (bien-être et détente), l’endorphine (légère euphorie), l’ocytocine (qui traduit une sensation de sécurité et permet le lâcher-prise) et la dopamine (plaisir et motivation). Un cocktail qui fait du bien et peut aider à réduire l’anxiété ou la douleur.

Une reconnexion à soi : L’état d’ASMR mobilise tous les sens, déclenchant des sensations physiques (parfois intenses), mais aussi émotionnelles. Il permet ainsi de débrancher le mental et de réinvestir son corps, qui vit pleinement l’instant. Un atout quand on a du mal à se reconnecter à celui-ci et que l’on a tendance à rester « bloquée dans le mental ».

Comment partir en voyager vers l’ASMR ?

Préparer ses bagages : Assise ou allongée dans un espace tranquille (pour ne pas être dérangée), avec ordinateur ou téléphone portable, s’équiper impérativement d’un casque afin de profiter d’une excellente écoute des sons binauraux des séquences : comme pour toute relaxation ou voyage sonore, on se met en condition ! Reste ensuite à taper sur YouTube les 4 lettres-clés, ASMR… et l’on embarque !

Choisir sa destination : Pour débuter, on cherche ses déclencheurs, c’est-à-dire les sons (ou situations) susceptibles de nous détendre. Crépitements, crissements de papiers, bruits de bouche ou de pages d’un livre qui se tournent, tapotements sur diverses surfaces, sons de caresses, brossage de cheveux ou massage : le choix est extrêmement large, juste en tapant les mots-clés susceptibles de nous plaire. On peut aussi opter pour des jeux de rôles plus visuels (« Role play » dans les mots-clés), pour se retrouver face à de (faux) coiffeurs, médecins, infirmières, esthéticiennes…

Explorer d’autres contrées : Si certains déclencheurs (et vidéastes) nous « embarquent » rapidement, on peut s’y abonner, mais libre à vous de chercher aussi d’autres auteurs, thèmes et styles de vidéos, pour se créer un panorama de séquences inspirantes. Chacun a ses propres stimuli (parfois liés à l’enfance, aux souvenirs… ), autant partir à la découverte des siens !

Suivre son propre itinéraire : Le “bon” rythme est d’une séance hebdomadaire, mais on peut faire plus : il n’y a pas de risque à se poster fréquemment devant des vidéos ASMR si l’on en ressent l’envie pour se détendre. Si les sensations, bien présentes au début, s’atténuent ou disparaissent au fil des séquences, il s’agit de ce que les auteurs appellent “l’immunité à l’ASMR” : il faut ralentir le rythme, et même faire une pause de 2 semaines pour se déshabituer, avant de reprendre.

Et si vous ne ressentez rien ?

Certaines personnes ne ressentent pas l’ASMR et ne sont pas réceptives, voire sont réfractaires, à ces vidéos particulières. Il ne faut pas s’acharner « à tout prix » à ressentir, mais plutôt tester d’autres déclencheurs si besoin, et si cela ne fonctionne pas… choisir une autre méthode de relaxation.

Merci à notre expert, Florion Boullot, fondateur de Paris ASMR, auteur de “Je me relaxe grâce à l’ASMR”, éd. Leduc.s, 17 €.

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