Docteur, j’ai des hémorroïdes

Fréquentes, les hémorroïdes sont en fait simplement des vaisseaux de la paroi de l’anus. Externes, elles forment de petites boules douloureuses qui se manifestent par crises. Internes, elles provoquent surtout des saignements et peuvent grossir jusqu’à saillir hors de l’anus.

Ce que vous pouvez faire. Dans les deux cas, “il faut lutter contre un transit paresseux, responsable de constipation qui elle-même favorise les hémorroïdes” souligne le Dr Philippe Godeberge, gastro-entérologue. On commence donc par augmenter sa ration de fibres (carotte, épinard, courgette, aubergine, pain aux céréales, légumineuses, pomme, raisin. ..), on boit davantage d’eau (au moins 1,5 litre/jour) et on limite sa consommation d’alcool (il dilate les vaisseaux). Tout aussi essentiel, ne pas se retenir quand on a envie d’aller aux toilettes et ne pas non plus y passer des heures à “pousser” ou à lire.En ce qui concerne les hémorroïdes internes peu importantes, dans la moitié des cas, un meilleur transit suffit pour en venir à bout. Quant aux pommades et crèmes vendues en pharmacie, elles peuvent soulager les douleurs de façon ponctuelle, à condition que les hémorroïdes ne soient pas trop volumineuses.

>> Ce que fera le médecin. Tout dépend de votre gène. Après un examen et un interrogatoire, il peut vous proposer de réduire la saillie et le saignement des hémorroïdes internes en posant un élastique à la base du “paquet d’hémorroïdes”, pour le priver de sang. Il peut aussi délivrer un courant infrarouge (photocoagulation) directement sur l’hémorroïde, en plusieurs impacts, afin de limiter les saignements, mais plusieurs séances à 1 mois d’intervalle sont nécessaires et ce traitement n’est pas toujours efficace. Dans 5 à 6 % des cas, quel que soit le type d’hémorroïdes, la chirurgie sera inévitable.

Docteur, j’ai des gaz

Bien différents des éructations (rots), souvent d’origine nerveuse, les flatulences peuvent être dues à une production excessive de gaz (gargouillis, borborygmes, ballonnements) ou/et à un excès d’évacuation de gaz. L’odeur nauséabonde provient de la dégradation de substances contenues dans les aliments, par des bactéries productrices de méthane, un gaz odorant. Quant au son du pet, il est dû à la vibration de la peau qui entoure l’anus. Plus les muscles de l’anus sont tendus, plus l’anus vibre rapidement et plus le son produit est aigu.

Ce que vous pouvez faire. Des pets fréquents et odorants reflètent le plus souvent un syndrome de l’intestin irritable. Ce dysfonctionnement du tube digestif, aggravé par le stress, peut provenir d’un déséquilibre du microbiote intestinal (dysbiose) lui-même, accru par la consommation de chewing-gum, d’aspartame, de crudités et d’aliments qui favorisent la fermentation (choux, salsifis, oignons, légumineuses, radis). Alors, on choisit les bons aliments (légumes cuits, fibres solubles), on s’assoit pour manger, on prend le temps de bien mâcher, on urine régulièrement, car une vessie pleine empêche l’évacuation physiologique et régulière des gaz, et on vide complètement son intestin quand on va aux toilettes (la constipation entraîne la stagnation des selles et donc les gaz).

>> Ce que fera le médecin. “Il n’existe pas de solution médicale instantanée et définitive martèle le gastro-entérologue. Il faut se prendre en charge”.Pour limiter les odeurs, on peut aussi par exemple privilégier les légumineuses qui produisent des gaz non odorants et réduire la charcuterie et la viande qui donnent plus de gaz nauséabonds.

Docteur, je sens des pieds

La sueur ne sent pas mauvais et, si vous changez de chaussettes chaque jour, il n’y a pas de raison que vos pieds dégagent une odeur nauséabonde. Si c’est le cas, cela signifie que vos pieds sont infectés par un champignon ou une bactérie qui a contaminé la sueur.

Ce que vous pouvez faire. Des douches fréquentes, mais aussi désinfecter ses pieds pendant quelques jours avec un savon antiseptique. Penser également à traiter toutes les paires de chaussures avec une poudre antifongique. Pour éviter les récidives, privilégier les chaussettes en fibres naturelles (coton, fil d’Écosse), qui permettent aux pieds de mieux respirer, et les chaussures « intérieur cuir » ou découvertes.

>> Ce que fera le médecin. Il prescrira un antimycosique local, sous forme de crème, gel, lotion ou spray, à appliquer régulièrement et aussi longtemps qu’il vous l’aura recommandé. C’est la condition de son efficacité, car les champignons sont des agents infectieux souvent assez résistants.

Docteur, j’ai mauvaise haleine

Nous produisons très peu de salive en dormant, cela permet aux microbes de proliférer, d’où notre mauvaise haleine au réveil. On peut aussi avoir une haleine chargée après un repas un peu trop lourd, parce qu’on a abusé de l’alcool ou ingéré certains aliments (ail, oignon, fromage fort, piment, épices… ), mais tout rentre en général très vite dans l’ordre dès lors que l’on se met un peu à la diète.

Parmi les autres causes d’halitose (5 à 10 %), on trouve des sinusites à répétition (le mucus infecté dans les sinus s’écoule dans la gorge), des reflux gastro-œsophagiens (les aliments remontent de l’estomac), des troubles hépatiques, une infection des amygdales, ou encore la prise de certains médicaments qui favorisent la sécheresse buccale (antidépresseurs, psychotropes… ).

Ce que vous pouvez faire. “Lorsque la mauvaise haleine s’installe, elle est dans 90 à 95 % d’origine buccale assure le Dr Charles Micheau, chirurgien-dentiste. Après chaque prise alimentaire, certaines bactéries présentes naturellement dans la bouche (flore buccale) se développent. Si on ne les déloge pas, elles stagnent et forment un biofilm qui se dépose partout dans la bouche. Elles relarguent alors des composés sulfurés volatils malodorants.” Donc se brosser minutieusement les dents matin et soir (si possible avec une brosse à dents électrique), en y associant une fois par jour l’utilisation d’un fil dentaire, d’une brossette interdentaire ou encore d’un jet dentaire pour déloger tout ce qui s’est déposé entre les dents. Terminer par un bain de bouche approprié pendant au moins 30 secondes, afin d’éliminer les bactéries présentes sur la langue, l’intérieur des joues… Et bien sûr, consulter son chirurgien-dentiste pour un bilan au moins une fois par an.

>> Ce que fera le médecin. Le traitement dépend de la cause : sinusite, reflux… . Si elle est d’origine dentaire (carie, gingivite, maladie parodontale), il vous orientera vers un chirurgien-dentiste qui effectuera les soins nécessaires et un détartrage.

Docteur, je souffre de sécheresse vaginale

Avec la ménopause, les muqueuses ne bénéficient plus du bain d’œstrogènes qui contribuait à les hydrater, elles ont alors tendance à s’assécher et à devenir très sensibles aux irritations, douloureuses après la pénétration.

Ce que vous pouvez faire. Il est important de riposter rapidement, car une fois l’altération installée, difficile de faire machine arrière. Les lubrifiants ont en général une action trop superficielle, ils aident seulement à la pénétration. Pour un effet plus durable, on peut dès les premiers signes, appliquer chaque jour sur la vulve et l’entrée du vagin, quelques gouttes d’un macérat huileux de millepertuis aux propriétés anti-inflammatoire, hydratante, antalgique, antibactérienne. Espacer les applications après amélioration.

>> Ce que fera le médecin. “Il y a quelques années, on prescrivait le traitement hormonal substitutif avec de bons résultats, mais aujourd’hui souvent les femmes le refusent, même en application locale”, constate le Dr Mimoun, gynécologue. L’alternative la plus efficace est alors le laser vaginal (compter entre 300 et 700 euros la séance). À raison de 4 séances de 10 minutes sur 4 mois, on retire la couche superficielle de la muqueuse vaginale desséchée, elle sera ensuite remplacée spontanément par une couche plus jeune, donc plus hydratée. Au bout de 3 semaines, les douleurs auront disparu. Puis on refait une ou deux séances par an. “C’est une avancée majeure pour les femmes” affirme le gynécologue.

Docteur, je transpire trop

Mains, pieds, aisselles, nuque… Certains transpirent plus que d’autres, c’est notamment le cas des enfants et adolescents. La raison : “une immaturité temporaire de l’équilibre entre le système nerveux sympathique qui stimule la production de sueur et le système nerveux parasympathique qui la régule” explique le Dr Marc Perrussel, dermatologue. En plus, la puberté stimule les glandes sudoripares et sébacées qui s’activent sous l’action des hormones sexuelles. Outre la chaleur, la sueur peut être favorisée par le diabète, l’hyperthyroïdie, le surpoids et l’obésité, la ménopause ou encore le stress.

Ce que vous pouvez faire. Se doucher aussi souvent que possible, choisir des vêtements amples en coton ou en soie qui laissent la peau respirer. Pour les aisselles, plutôt qu’un déodorant qui ne fait que couvrir l’odeur, préférer l’étiaxil, un antiperspirant à appliquer sur peau sèche, qui freine la transpiration. 3Ce produit risque toutefois de bloquer les glandes sudoripares et de provoquer une inflammation3,prévient le médecin. En revanche, boire moins ne changera rien, car l’eau que l’on boit contribue surtout à faire travailler les reins.

>> Ce que fera le médecin. En cas de transpiration et de gène importantes, le dermatologue peut proposer un traitement par ionophorèse à domicile : des électrodes diffusent un courant galvanique, destiné à inactiver les glandes sudoripares. Deux ou trois séances de 15 minutes par semaine peuvent vraiment réduire la transpiration. Autre traitement possible : de petites injections de toxine botulique pour bloquer la communication entre la glande sudoripare et le nerf. “C’est efficace pendant six mois à un an, mais assez douloureux sur les pieds et les mains” prévient le dermatologue. Par ailleurs, ce produit n’est pas pris en charge par l’Assurance maladie (compter environ 300 euros).

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